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[Interview] Vidéos, photos, storytelling, comment la production de contenus sublime une destination touristique ?

20 mars 2018
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Tamara et Julien, aka Buchowski et Vagabonde ont voyagé dans les Îles de Guadeloupe fin 2017. Ils n’ont cessé de capturer les instants de vie émanants de leur périple pour finalement réaliser cette vidéo rythmée aux sons des ka, chacha et tibwa. Mais qui sont-ils ? Comment travaillent-ils ? Quelle est leur sensibilité artistique ?

 

 

Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ?

 

Nous sommes un duo de créatifs dans lequel chacun a sa place : Tamara s’occupe de la vidéo et Julien de la photo. Notre objectif est de s’apporter mutuellement des choses pour nourrir nos deux univers. Lorsque l’on réalise un projet à dominante vidéo, Julien évolue comme assistant, et inversement pour la photo.

 

Comment vous qualifiez-vous ? Influenceurs, créateurs de contenus, artistes ?

 

Nous nous définissons comme des créateurs de contenus.

 

Julien : je faisais déjà de la photo et postais mes contenus de manière semi-pro sur mes réseaux sociaux, mais je ne me considère pas comme un influenceur.

 

Tamara : je ne suis pas influenceur. Je viens du monde cinéma et j’aimerais me définir comme une artiste mais cela impliquerait aussi de faire seulement les projets que je choisis, dans lesquels je suis totalement libre de m’exprimer…

 

Julien : quand tu as 20 ans, tu rêves d’être un artiste, de seulement faire des choses qui font plaisir, dont tu as envie : des docu sociaux par exemple. Mais la production de contenus libres nécessite d’avoir beaucoup de temps, et le temps c’est de l’argent.

 

Tamara: Et les projets dans lesquels on pourrait exercer notre art librement ne sont pas ceux qui nous font vivre.

 

Julien: On a grandi, on sait que l’on ne peut pas toujours faire que ce que l’on aime. Alors, nous travaillons et essayons de garder une certaine ligne artistique dans des projets qu’on n’aurait pas forcément choisis. Quel que soit le projet, le but est de toujours mettre en avant la qualité de notre travail. Nous sommes des storytellers et aimons raconter des histoires à travers la photo ou la vidéo, quel que soit le projet, c’est un défi pour nous.

 

Comment travaillez-vous en duo ? Quels sont vos atouts ?

 

Pour chaque projet, il y a un leader. Quand la vidéo domine c’est Tamara qui gère, quand c’est la photo, c’est Julien. Les rôles sont bien définis au départ, celui qui est force de proposition doit être assez humble pour accepter le point de vue de l’autre. On marche souvent à l’instinct. On va vite. En définissant nos rôles au départ, on minimise les points de frictions qui parfois arrivent dans le feu de l’action.

 

On marche souvent à l’instinct.

 

Quel est votre meilleur souvenir en Guadeloupe ?

 

C’est la beauté artistique et les émotions ressenties pendant la soirée musicale Gwoka car il avait beaucoup de choses qui nous plaisaient à filmer : les gens, les percussions, l’ambiance. C’était vraiment fort.

 

 

On aurait aimé passer plus de temps à contempler chaque moment du voyage. Tout allait très vite. Le challenge était alors d’arriver à capter les meilleurs instants, les meilleures sensations pour le retranscrire et non pour notre plaisir personnel.

 

La randonnée était un moment particulier pendant lequel on ne pouvait pas tout filmer car il fallait marcher dans des endroits compliqués et donc pour nous humainement c’était génial, nous avons passé du temps avec notre guide sans la caméra ou l’appareil photo qui fait écran dans le rapport. Il y a eu un moment inattendu : une lumière de dingue que nous avons réussi à saisir. Magique ! Impossible de ne pas le filmer et photographier !

 

 

Votre oeil est affuté, comment gérez-vous le choix à faire entre ce que vous pouvez saisir avec vos propres yeux vs. vos objectifs de caméra/appareil photo ?

 

Lors de notre premier voyage en Islande, nous avons moins shooté que d’habitude, c’était un choix, celui de juste apprécier l’instant présent. Être spectateur du moment est différent. Parfois, nous avons des regrets de ne pas avoir l’appareil dans un moment de fou. Car si l’on profite en tant qu’humain on ne peut saisir ce que l’on vit pour ensuite le partager.

 

Parfois, nous avons des regrets de ne pas avoir l’appareil dans un moment de fou.

 

C’est un équilibre à trouver. Il faudrait rester le double de temps dans un endroit pour avoir une première lecture à l’œil nu avant d’en capturer l’essence.

 

Justement, pouvez-vous nous partager quelques contenus que vous avez réalisés et dont vous êtes fiers ?

 

C’est très compliqué comme question.

 

Julien : je n’ai pas de coup de cœur photo. Non pas que je ne sois pas fier d’un cliché en particulier mais simplement parce que l’ensemble en Guadeloupe me plaît. Ce qui est agréable c’est d’avoir su retranscrire au mieux ce que l’on a vécu dans une globalité. Le réflexe était aussi de donner la part belle à la vidéo.

 

Ce qui est agréable c’est d’avoir su retranscrire au mieux ce que l’on a vécu.

 

On a manqué de temps pour être pleinement en immersion. Il faut flâner pour capter des scènes de vie, avoir de l’intimité avec les Guadeloupéens

 

Concernant la vidéo, quels sont vos secrets de fabrication ? Avez-vous une idée précise avant le montage en termes de storytelling, de rythme, d’ambiance ou vous laissez-vous porter par vos découvertes et émotions ?

 

Tamara : ça dépend vraiment du projet. Parfois c’est une musique, parfois c’est le programme du voyage qui m’inspire, ou les recherches que je fais.

 

Pour les Îles de Guadeloupe, il y avait une trame de départ. Dès lors, on savait qu’il y aurait des rencontres, différentes îles, des paysages sauvages, certaines activités.

 

Au départ, j’avais dans l’idée de construire le storytelling autour d’un poème guadeloupéen, j’avais aussi commencé à écouter des musiques. J’avais en tête quelques idées de plans : celui où je cours sur la plage, le plan sous l’eau qui nécessite d’être équipé en matériel particulier, etc.

 

On se laisse porter par les moments que l’on vit, par nos émotions.

 

Il y a des plans que j’ai gardé et d’autres que j’avais imaginé et qui ne correspondaient pas à ce qu’on vivait. Au final on se laisse porter par les moments que l’on vit, par nos émotions. Étant donné le programme chargé et les nombreux déplacements, j’ai réalisé une vidéo rythmée en me laissant porter par cette dynamique.

 

Finalement, si vous deviez laisser un mot à l’équipe We Like Travel ce serait…

 

Merci de nous avoir fait confiance. Merci d’être une agence qui inspire de la confiance et de la bienveillance. Dans ce milieu influence/contenu, on a souvent été bloqué par des agences qui nous donnaient envie de travailler directement avec le client final.

 

Aussi, lors du voyage en Guadeloupe, on se sentait en sécurité, on se sentait soutenu tout au long du périple.

 

Finalement, humainement, vous êtes naturels et c’est cool 🙂

 

 

Crédits photo cover : Buchowski et Vagabonde